LA BIEN TRISTE HISTOIRE D'Albert Némo, Vélocipéde
A Vélo sur les autoroutes
de l'information

En hommage à Aguigui Mouna,
digne rival de JeanTibery à la mairie du 5éme
arrondissement, disparu l'été
98
Ce midi là je regagnais paisiblement mes pénates
à bord de mon hollandais volant , lorsque deux agents
de police m'ont pris pour cible. Je les regardais avec un
intérêt certain. Ils m'apostrophèrent
alors et me demandèrent mes papiers. Je leur remis.
Ils me dirent que j'avais dépassé la bande blanche
d'arrêt du feu rouge et que donc je tombais sous le
coup de la loi... et du destin;-) Je convins avec eux de mon
crime. Ils me dressèrent un procès verbal.
Rappel à
la triste réalité
Puis la vie repris son cours normal avec ses joies et ses
petites peines. Jusqu'au jour où un agent moustachu
vient sonner à mon humble masure pour me présenter
le compte rendu d'une séance de tribunal selon laquelle
j'étais condamné par contumace à payer
1500 Francs. J'appris ce jour là beaucoup de chose
sur le monde de la justice.
Oui, quand on est jugé par la préfecture de
police, on est pas prevenu et le procès se tient en
votre absence d à l'abri de tout regard extérieur.
Ca me rappelle quelque chose.
Il faut bien de l'ordre en France.... mais.......... il y
a manière et manière.
Méa Culpa
Monsieur l'agent
Heureusement qu'il y a la séance de Méa Culpa
à laquelle je fus appelé 6 mois plus tard. Séance
collective me rappelant vaguement quelques bons souvenirs
de moine trappiste. Celle-ci consistait à bien vouloir
reconnaître ses fautes et les expier devant la Haute
cour de Justice.
Si l'on reconnaissait de plus son état de vulnérabilité
sociale, dans son infinie bonté le tribunal vous accordait
une remise de peine de moitié. Sinon, il se vengerait
de votre incurie.
Bon franchement la perche tendue était trop belle.
Pourquoi ne pas la prendre en râlant contre cette tatillône
d'administration..... contre laquelle on ne peut forcément
rien surtout quand on est jeune, un peu coloré du cheveu
et pauvre.
Mais râler ne suffit plus toujours aujourd'hui malheureuseument
pour se faire entendre. Nous étions de plus interdit
bancaire, menacé d'expulsion et surchargé de
travail par la jolie guerre économique. Et en plus
on faillit se faire virer de notre boulot à cause de
cette broutille.
Donc nous dîmes NON.
Magnanime, le tribunal réduisit notre peine
à 1000 Francs d'amende. Nous eumes droit d'office à
un retrait de permis de 14 jours. Heureusement un généreux
donateur nous permis de payer les 6000 Francs de taxi nécessaires
à nos téléportations.
Le vélo c'est promis on y touchera plus jamais !!!!
Ne jamais plus
dire non
C'est promis aussi on ne dira plus jamais NON, on se teindra
plus les cheuveux en rouge, on marchera au pas, on pensera
à sens unique.
Mais bon malgré notre grand repentir intérieur,
il faut que justice se fasse et comme on risque plusieurs
milliers de francs, on hésite encore :
-entre partir dans un pays reconnaissant davantage nos compétences
de petit vélocipéde et abandonner ainsi un pays,
un boulot et des compatriotes qu'on aime malgré tout
beaucoup.
-Ou bien alors fermer sa gueule et avoir quelques part comme
un petit regret de vivre dans une société pas
tout à fait normale où l'intérêt
de l'état est d'avoir toujours raison.
Les autoroutes de l'information sont décidément
bien étroites.
Il m'a été reproché d'avoir en mars
1996 grillé un feu rouge à vélo. D'après
la défense, je n'aurais en faite que dépasser
la bande blanche pour me protéger de la voiture qui
précédait. Mais la parole d'un policier, fut-il
ivre, compte plus que celle d'un simple citoyen.
Condamné en avril 97 à 1500 Francs d'amende
pour ce motif, j'ai été ensuite convoqué
en novembre 97 pour une séance de conciliation où
l'on m'a proposé de réduire mon amende à
1000 Francs. J'ai eu droit par ailleurs à 14 jour de
retrait de permis. Jugé en appel en novembre 98, j'ai
finalement été condamné en septembre
99.
Après 3 ans de procédure,j'ai
été condamné en septembre 99 par la cours
d'appel à 2300 Francs d'amende. La bétise humaine,
n'a pas de frontiére........heureusement elle a des
lois ;-)
Remerciements:
A Jacques Essel, éternel militant de toutes les
causes perdues d'avance. Un jeune homme de 80 ans comme on
n'en fait plus
A François Tempé, le juriste du Mouvement
de Défense de la Bicyclette qui a préparé
la plaidoirie
A la fédération des Cyclistes Urbains FUBICY
et notamment Frédéric pour avoir accepté
de prendre les frais en charge
Pensée émue aux quelques 300 cyclistes qui
se font chaque verbalisés à Paris et notamment
à celui qui trouva la mort en septembre 99 le long
des quais de Seine.
| Paris
Rando Vélo|