|
What's up 007 | |
|
Doctor NO,born to be wired |
|
A brief history from a Cyberpunk perspective |
Je fais quotidiennement de l'Internet depuis juin 95, depuis qu'il est relativement simple de se connecter pour moins de 100 Francs de l'heure.... et que j ai un ordinateur avec un écran couleur.
Avant je faisais du service en ligne. Internet n'existait pas, en France, à l'époque. Cela s'appelait Compuserve et Calvacom. Quant aux modems disponibles, légalement ils ne dépassaient pas le 2400 baud par seconde.
J'ai entendu parler d'Internet clairement pour la première fois en janvier 94. C'était dans un des derniers numéros de la revue "Actuel" : le type racontait comment il avait passé quelques heures à naviguer entre le Chili, l'Irlande et Singapour. La révolte zapatiste prenait son envol... L'EFF commencait déjà à militer pour la liberté de crypter en paix.
Qu'il soit minuit, qu'il soit midi, vous me faites chier monsieur Théry
Cela semble banal aujourd'hui.
Mais il y a 5 ans se balader d'un ordinateur a l'autre, d'un continent à l'autre semblait pour presque tout le monde un rêve inaccessible, réservé à l'élite fortunée des Bases de données ou aux génies de l'informatique en culotte courte.
En fait, pour tout vous dire on s'y attendait un peu quand même : l'idée d'Internet commençait sérieusement à émerger en France depuis qu'à l'automne 93 un vif débat s'était engagé sur les autoroutes de l'Information. Aux États Unis, le même débat avait eu lieu un an plus tôt avec la campagne présidentielle.
Autoroute de l'Information : j'entendis ce mot pour la première fois aux journées de l'Idate de Novembre 93. La chose fit "tilt" dans mon esprit. Lordinateur à visage humain existait donc !!!!
Comme tout bon littéraire qui se respecte j'avais horreur des machines, avec cependant une certaine connaissance pratique. N'ayant ni ni étudiant, ni secrétaire, ni valet, le micro ordinateur était devenu d'un usage incontournable; associé à un modem à 300 Baud, il s'avérait un redoutable outil à communiquer !
En tant que journaliste et que jeune apprenti-sociologue, j'étais confronté à la cruelle pénurie d'une information qui n'était accessible qu'au prix fort : 1000 Francs pour interroger la moindre base de données : presque un mois de mon salaire de l'époque !
Le seul moyen d'y accéder était alors d'utiliser des moyens détournés ou de se rendre sur place avec tous les aléas d'un long voyage. Alors vous pensez bien que la perspective de pouvoir se mouvoir librement entre des milliers de bases de données ne pouvaient qu'exciter notre curiosité.
You know what ? I'm IP
Et c'est là que l'histoire allait s'accélerer : A peine rentré de Montpellier, le Club de l'Arche lançait un vibrant appel à l'informatisation de la société. Un mois plus tard Delors publiait son livre Blanc sur l'avenir de l'Europe qui passait forcément par la large bande.
Puis nous découvrîmes que les autoroutes de l'information avait un nom : Internet, un réseau réservé à l'élite de la France mais qui aux États Unis se répandait comme une traînée de poudre. Entre temps j'étais devenu sérieusement accro à Compuserve et Calvacom tout en continuant d'écrire des articles sur le joyeux monde des télécommunications.
Il faut vous dire que le télé m'a toujours un peu inspiré. J'avais fait pas mal de choses sur les services d'aide psychologique par téléphone (Presses Universitaires de France Que Sais Je N°2682), le minitel rose, les cibistes (edition du téléphone 94).... plus d'ailleurs par hasards de l'existence, que par réel intérêt.
J'enchainais donc articles après articles sur la fabuleuse percée des mobiles, les capacités de stockage des CD-Roms, les rapports interministériels sur le télétravail, la télémédecine, l'avenir radieux du minitel. Le "télé" avait décidément le vent en poupe....
Nos hauts fonctionnaires très inspirés, produisaient alors de gros rapports (souvent plus de 500 pages) sur toutes ces technologies qui allaient bouleverser notre quotidien : la fibre optique jusque chez l'habitant, la Set Top Box, le Minitel Vitesse Rapide... Mais pas un seul mot sur Internet, ce réseau menacé d'une rapide saturation comme le soulignait encore l'Aftel en septembre 95 .
Il était d'ailleurs de notoriété public dans les couloirs de France Télécom qu"Internet était une véritable usine à gaz.... même si Christian Huitéma défendait l'idée contraire dans son livre "Et Dieu Créa l'Internet".
Heureusement le soir venu, après avoir pissé de la copie sur les inventions à la Française, j'allumais mon modem : Il régnait à l'époque une atmosphère de convivialité que l'on a sans doute un peu perdu aujourd'hui. C'était assez génial tout ce qui nous arrivait sur Internet à l'époque : des rencontres, des repas.... Des choses drôles.... des voyages....
Puis ce qui devait arriver arriva : le minitel entama son lent mais inexorable déclin, les opérateurs devinrent des Netcompanies, Internet devenait un moyen de communication de masse et un peu moins un média interpersonnel
J'ouvris donc ma première "page personnelle" (Homepage isn't it) en juin 95 et me mis très lentement au HTML en abandonnant le journalisme, pour faire de l'Internet à plein temps.
Heureusement l'ergonomie des outils progressa et "faire du WEB" devint de plus en plus facile....... et surtout de plus en plus conviviale.
J'exploite mon site personnel de façon continue depuis avril 97. Et il se passe tellement de choses nouvelles sur Internet que c'est un plaisir incessant.........voire ........; une fascination mortelle.
Aujourd'hui après m'être pendant quelques années occupé de la stratégie Internet d'un centre Technique et Industriel je me suis finalement aperçu que mon petit persoWEB, faisait finalement plus d'audience que le site WEB de la dite entreprise et me suffisait amplement pour vivre.
URL : http://www.cybertribes.com/cybernatus.html
Copyright
© 1997, 1998, 1999, 2000...2007