Portrait de David Alfano
Ce soir-là, lorsque David Alfano arriva sur le parking de la résidence universitaire, dans laquelle il est installé depuis un an, il paraissait épuisé par sa journée.
Cet étudiant de 19 ans s’approcha de moi pour me saluer. Je le connaissais à peine, mais les traits de son visage me semblaient familiers; cela étant certainement dû à sa remarquable ressemblance d’avec son frère aîné, ancien étudiant à l’Université de Technologie de Troyes.
Ses yeux marrons brillaient, et dégageaient une certaine déception, liée à l’idée de retrouver sa petite chambre dans laquelle il ne se sent pas à l’aise.
Assez froid en apparence, il entama cependant la conversation en esquissant un léger sourire. Après quelques minutes de discussion, il me parût sociable et agréable. Il me parla de ses vacances en Italie, un pays qu’il connaît bien de part ses origines, ses parents étant tous les deux italiens. Ses origines ne m’étonnaient pas: ses cheveux étaient bruns légèrement frisés, ses yeux marrons, et son teint relativement mât.
Ses épaules larges, ainsi que son assez forte corpulence s’expliquaient plutôt par sa passion du karaté, qu’il pratique avec frénésie depuis quelques années.
Il plaisantait beaucoup avec moi sur divers sujets, mais tout en restant assez réservé; ce qui le rendait quelque peu mystérieux. J’expliquai ce fait par son tempérament ambitieux; en effet, pour lui, la plaisanterie est une chose et ses objectifs professionnels en sont une autre. En réalité, il s’intéresse de très près à la construction automobile, un secteur d’activité dans lequel il souhaiterai exercer après ses études.
Il me raconta les parties de pêche qu’il adore faire en famille, chez lui, à Saint-Yorre. Il me fit comprendre, sans trop le dire, qu’il se contente de plaisirs simples et profite de chaque instant de ses temps libres. C’est alors qu’il me dicta sa devise dans la vie: “ Carpe Diem, mon ami. Profite du moment présent.” Cette phrase n’étant évidemment pas de lui, je lui ai donc demandé s’il avait aimé le film: “Le cercle des poètes disparus”, il me répondit qu’il avait adoré, mais qu’il préfère en général les grosses productions hollywoodiennes: “ J’adore les films à gros budget, avec de nombreux effets spéciaux, comme les superproductions de Steven Spielberg . En fait, je déteste les films à l’eau de rose, ainsi que les soap-opéras ”.
Mais ce qu’il préfère avant tout, c’est retrouver sa petite amie , habitant dans une ville lointaine, et pourtant si proche dans son coeur...
C’est pourquoi, nous ne pouvons apercevoir David que très rarement le week-end , en route vers l’élue de son coeur dès le vendredi soir, pour ne réapparaître que le lundi matin à l’aube, à Troyes.