Jeux olympiques de l'an 2000 à Sydney, élan retantissant pour la protection de l'environnement, Sydney plus grande ville gay, pays immense mémoire de l'humanité, les australiens se feraient volontiers passer pour des champions de tolérance. Mais qu'est-ils vraiment des aborigènes qui ornent tous les prospectus de l'office de tourrisme australien ? Ou plutôt,

ABORIGENES D'AUSTRALIE

EXISTENT-ILS ENCORE ?


Commençons par un rapide historique :

La population aborigène d'Australie était estimée à 300 000 personnes en 1788, quand les premiers immigrants européens arrivèrent sur le continent et instaurèrent une politique coloniale. En 1970, elle était d'environ 160 000 personnes à cause du manque de résistance aux maladies introduites par les premiers colons, de la rupture dans leur mode de vie, et surtout de l'indifférence du gouvernement pour les aborigènes.

Il y a eu peu de confrontations entre les aborigènes et les colons pendants les premières années. Les aborigènes sur les îles ont été décimés, ceux sur le continent ont dû se replier vers l'intérieur, dans des zones plus sèches ou ont été faits prisonniers ou esclaves. La volonté d'aide et de conversion au christianisme des aborigènes s'est vite transformée en politique de répression, comme l'ont fait la majorité des gouvernements coloniaux.

Dans les années 1830, 1840, les exploitations se sont étendues dans les terres. Le manque de respect envers la culture aborigène s'est transformé en ségrégation, non différente de l'apartheid. (Séparer des blancs dans les cinémas, interdits dans certains magasins et dans tous les hôtels, toutes les piscines...)

Le comité gouvernemental de protection des Aborigènes contrôlait et décidait de la vie des aborigènes :

  • lieu d'habitation,
  • mariages,
  • relations,
  • éducation des enfants,
  • travail et salaires... (Certains travaux leur était réservés, à même travail, ils ne pouvaient toucher le même salaire).

Ce comité décidait pour chacun d'entre eux s'il était "acceptable", c'est à dire si il pourrait s'adapter au mode de vie européen ou s'il devait vivre dans une réserve.

En février 1965, des étudiants dénoncent cet apartheid et manifestent en bus dans le New South Wales. C'est l'époque des Freedom rides.

Le comité gouvernemental de protection des Aborigènes est aboli en 1969 sous la pression.

En janvier 1972, est créée l'Ambassade aborigène, (ambassade : les aborigènes sont comme des étrangers dans leur pays), pour représenter la communauté aborigène. C'est la fin officielle de la politique de l'Australie blanche.

Entre 1980 et 1989, 99 personnes d'origine aborigène ont disparu uniquement dans l'état du NSW. Certaines ont été retrouvées mortes ou gravement malades dans les cellules ou cachots de la police. Ce n'est pas fini, entre mai 1989 et février 1997, il y a eu 115 morts d'origine aborigène supplémentaires en Australie.

Le comité gouvernemental de protection des Aborigènes a retiré de très nombreux enfants à leurs parents pour les placer dans des familles d'origine européenne car :

  • Ces enfants n'auraient pas pu survivre,
  • Les deux parents étaient alcooliques
  • Ces enfants étaient des enfants naturels, ce qui était très mal vu à l'époque
  • Ces enfants auraient été sexuellement abusés. Dans certaines tribus, pour ses 50 ans, l'homme recevait une femme de 10 ans...

Ces placements se sont souvent très mal passés. Ces enfants retirés à leur parents sont aujourd'hui adultes (30 ans) et recherchent souvent leurs origines, leur culture.

Bien que peu d'aborigènes vivent encore de façon traditionnelle, les tribus dans les réserves essaient de préserver l'art primitif, l'artisanat et les croyances religieuses. Néammoins, l'alcool et la drogue qui ont été introduis dans ces réserves sont un problème majeure. Ces populations sont biologiquement beaucoup plus vite dépendantes à ces substances. Comme pour les indiens d'amérique, elles dépensent les subventions données par le gouvernement (plus pour trés longtemps, l'extrème droite est très présente en Australie) pour acheter ces substances.

Certaines réserves, certains sites sacrés sont néanmoins défigurés et utilisés pour leur gisement de minerais (le plus grand est Kakadu national park pour l'uranium).
Certains commencent maintenant à dénoncer ces exploitations.

Le didgeridoo, tronc creux dans lequel on souffle, n'était pratiqué que par quelques tribus, et par les hommes uniquement. Il est maintenant joué partout, c'est un attrait majeur pour les touristes. Les peintures rituels ne sont aujourd'hui que très rarement portés, sauf pareil pour vivre en amusant les touristes. cela permet de aux touristes de découvrir un petit aspect de la culture qu'il y avait sur le continent et de faire vivre quelques personnes.

A Sydney, les personnes d'origine aborigène vivent regroupées dans la banlieue sud, la banlieue la plus pauvre, pour ne pas dire ghetto. C'est la seule réalité aborigène actuelle.

On pensait la population aborigène vouée à l'extinction, pourtant dans les années 80, son nombre a considérablement augmenté, on comptait 260 000 aborigènes en 1991.

Vu d'ici, la situation est assez désespérée. L'expérience américaine n'a pas profité à ces populations. La situation est donc similaire, avec quelques dizaines d'années de retard.

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SOURCES :
  • "Australia," Microsoft (R) Encarta.
  • Australian Museum, Sydney.