Les portes étroites de la communication scientifique
Mis à part dans la presse spécialisée, l’information scientifique et technique ne représente en moyenne qu’une partie infime de la composition de nos périodiques. Pourquoi semble-t-elle faire si peu recette : défaillance de la presse ou désintérêt du lectorat populaire ?
La science et ses applications concrètes dans l’industrie semblent obscures au grand public. Plus encore, la communauté scientifique passe souvent pour une tribu de Savants Cosinus dégarnis. Tour à tour encensée puis décriée, la science souffre d’une mauvaise presse. On la considère souvent comme la source de tous les maux : la pollution, la vache folle, la bombe, pas encore folle, mais déjà nucléaire, etc., etc.
Il y a deux principaux remèdes à ce malaise : soit on adapte le public, soit on adapte la source d’information. Cette solution me semble de loin la plus simple…
Pourtant, une tâche ardue attend toujours le journaliste scientifique. La vulgarisation scientifique n’a pas pour enjeu d’inculquer des connaissances, mais seulement en premier lieu d’éveiller l’intérêt et l’esprit critique du public ciblé. Le journaliste devra donc filtrer l’information, la traduire et bien montrer aux non-initiés en quoi un progrès de haut niveau peut les intéresser.
Filtrer l’information se révèle ardu tout d’abord à cause des scientifiques eux-mêmes : ils insistent souvent à tort pour tout dire dans leur jargon, au risque de rebuter le profane. Les chercheurs veulent communiquer les résultats de leurs travaux, mais pas avec des mots simples, qui sembleraient autant d’aliénations de leur travail. Vulgariser, c’est mal vu, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Et puis leur métier, c’est faire de la recherche, pas l’éducation des foules. On laisse ce soin au pape, à M. Allègre ou aux Spice Girls, en fonction de la tranche d’âge…
Pourtant, sans communication, par intérêt de classe ou incapacité à communiquer, les travaux de la science ressemblent à un Tamagotchi : passionnant pour les initiés, inintéressant pour les autres.
Dans un second temps, le journaliste devra traduire les résultats pour qu’ils soient compréhensibles par le néophyte. Sans doute devra-t-il faire une mise en scène pour montrer un changement, un progrès dans la vie quotidienne. Le journaliste racontera donc une histoire, une aventure. Un travail autant à l’attention de la ménagère que du scientifique, souvent peu au fait de la discipline qui n’est pas sienne. Le chemin depuis les résultats qui sortent bruts d’un laboratoire est donc long.
Pour répondre à sa périlleuse mission, le journaliste devra non seulement maîtriser l’art d’explication et d’expression, mais aussi connaître ce dont il parle. C’est à dire avoir une formation scientifique ou tout au moins un réseau d’information qui soit capable de palier une éventuelle lacune.
Car les objectifs de la vulgarisation ne se réduisent pas seulement à une justification des fonds investis dans la recherche. Il s’agit aussi de rendre la science accessible et de susciter l’avis de la population sur des questions graves. Nombre de choix scientifiques et technologiques ont des conséquences économiques, sociales et politiques. Il s’agit donc d’aider les gens à mesurer l’impact de ces décisions sur la vie quotidienne, et à pouvoir dire leur avis. Surtout lorsqu’une orientation est prise pour un pays tout entier.
La communauté scientifique a envie de communiquer. La population a envie de comprendre ou peut-être d’être rassurée. La preuve en est le succès des journées Science en Fête : un véritable raz-de-marée dans mon université, mais aussi un véritable enthousiasme des enseignants-chercheurs.
Il serait dommage de décevoir un tel auditoire…
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Quelques sites qui traitent de la question :
La vulgarisation scientifique à la télévision : un travail réalisé par des chercheurs au CNRS, donc des scientifiques eux-mêmes :
http://www.cnrs.fr/Cnrspresse/n04a5.html
Un concours annuel du meilleur article de vulgarisation scientifique :un site où l’on entend parler de webmestre, fait par l’Association canadienne française pour l’Avancement des Sciences :
http://www.acfas.ca
Les nouvelles technologies de communication à l’honneur : un site qui permet aux nouveaux utilisateurs d’Internet de mieux comprendre leur nouvel outil :
A noter : des cours de vulgarisation scientifique pour étudiants en communication existent en Belgique et en France :
Pour passer un bon moment : deux bons sites, autant pour le novice que pour le plus averti, en neurologie et en chimie :