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On compte quelques 80 000 autistes en France. la plupart vivent en institutions spécialisées, mais quand vient le temps des vacances, l'institution ferme ses portes et la famille est obligé de s'occuper à plein temps de son enfant , lui sacrifiant leur vie professionnelle et privée. A cela une seule alternative, la prise en charge par un lieu de vie.
Les lieux de vie principaux de l'association se trouvent dans l'ancienne école communale et le presbytère
un petit village de 500 habitants en pleine campagne Berrichonne à deux heures de Paris en train.
Un bâtiment du siècle dernier avec ses petits angelots au milieu d'un grand jardin rempli d'herbes
folles. On y trouve des objets partout : pièces mécaniques, phares de R5.... Martine, l'animatrice
qui est venu nous ouvrir les grilles commente au passage : "c'est très important pour les enfants autistes
de vivre au milieu de vieilles pierre et de la nature." Nous voilà maintenant à l'intérieur
de l'édifice. Dans la première salle c'est la mini-colo pour les enfants de 7 à 10 ans. Plus
loin c'est la sous-mini pour les plus jeunes d'entre eux. Quant aux ados, ils dorment à la dure dans les
tentes plantées au milieu du jardin.
Nous sommes dans la grande salle de l'ancienne école communale de Prunier. Rangé sur des étagères, une multitude de jouets faits maison : marionnettes représentant des personnages fantasmagoriques, instruments de musique tous plus sophistiqués les uns que les autres....
Il est 20 heures. Comme tous les soirs c'est l'heure de la veillée, le moment privilégié de la journée, celui où chaque groupe se retrouve. A chacune son thème : le théâtre, le mime, les ombres chinoises, ....Les spots s'allument, les enfants viennent prendre place sur les chaises disposées en cercle. Les animateurs ont soigneusement préparé les mises en scène, pendant l'heure de la sieste, choisissant des jeux adaptés à chaque enfant.
Les veillées commencent toujours par une ronde, les animateurs chantant une comptine. Puis tout le monde s'assoit par terre en cercle. Ce soir la veillée est consacrée aux jeux "interactifs" c'est à dire des jeux communs à tous les participants, favorisant le contact entre chacun. C'est la dernière soirée du séjour; après une semaine de loisirs de plein air, les enfants prendront le train demain pour repartir les uns vers leur domiciles, les autres vers leur structure d'accueil.
Un fil tendu passe à travers l'assistance, des objets y sont suspendus. Chacun se les passe à tour
de rôle. Les animateurs se mettent énergiquement à jouer. Les enfants eux ne réagissent
quasiment pas, chacun reste dans son coin, l'air ailleurs. Les animateurs les sollicitent les chahutent et peu
à peu les enfants se laissent prendre au jeu. Aux silences gênés du début succède
l'excitation.
Parmi les animateurs beaucoup d'étudiants en psychologie venus tâter du terrain ou faire leurs stages universitaires. Martine est la plus inventive de tous les animateurs. Plus que les autres elle a réussit a avoir une démarche complétement ludique, à inciter les enfants à participer à se prendre au jeu; elle réussit à inventer sans cesse des situations nouvelles. Elle virevolte d'un enfant à l'autre, les provoque, les touche, les nargue, jusqu'au moment où ils commencent enfin à réagir.
Mais déjà la fin de la soirée approche, les enfants sont maintenant épuisés,
il ne veulent plus quitter la salle. C'est pourtant l'heure qu'ils aillent se coucher. Quelques animateurs sont
en train de rédiger leur rapport de fin de séjour où ils notent soigneusement le comportement
de l'enfant, ses problèmes spécifiques....
Les jeux interactifs et aléatoires, c'est la grande invention de "j'Interviendrais". René Demichelis leur concepteur et le fondateur de l'association se souvient : "Nous n'arrivions pas à faire jouer les enfants, alors nous avons eu l'idée de créer un type de jeu radicalement différent, qui ne fonctionne pas avec des règles précises. Le but du jeu consiste à mettre les enfants devant des situations nouvelles face auxquelles ils sont obligés de réagir. "Ca marche pas 4 fois sur 5, mais quand ça marche c'est génial : un contact commence à s'établir. "
Nous sommes des non-spécialistes
Comme l'explique René Demichelis,"nous ne recherchons pas des gens spécialisés, Les déficiences de l'enfant, le fait de savoir qu'il lui manque un chromosome X ou Y ne nous intéresse pas. Ce qui compte pour nous c'est de l'aider à faire face à ses désavantages." Nos animateurs doivent avant tout faire preuve d'imagination et de créativité pour inventer des situations nouvelles, qui permettent de briser le mur de silence dans lequel s'est enfermé l'enfant. Le seul spécialiste dans l'affaire c'est le médecin qui passe une fois par semaine. Si l'association se targue d'avoir une démarche non-spécialisée, elle dispense néanmoins à tous ses animateurs une formation de 50 heures baptisée "animation, créativité et expression" auxquels participent des artistes comme Howard Buten le célèbre clown psychanalyste.
En faisant vivre à ces enfants une vie très communautaire et en osmose avec leur environnement, on
arrive peu à peu à les réintégrer dans la vie sociale. Toute la vie du lieu est organisée
pour les sortir de leur isolement affectif et sensoriel : imagination, absence de routine, accentuation des relations
sociales et des communications verbales et non-verbales. Peu à peu s'établit quelque chose. Certains
enfants arrivent en période de crise et se stabilisent peu à peu au cours du séjour."
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L'association J'Interviendrais "J'interviendrais" est une des rares associations de loisir et de vacance réservée aux enfants et adolescents autistes. L'autisme s'observe chez l'enfants dès l'âge de 2 ou 3 ans par l'absence de reconnaissance de son environnement. L'enfant reste prostré sur lui-même perdant contact avec la réalité ainsi qu'avec les autres.
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pour tout renseignement:
association J'Interviendrais 41 rue Buffon Paris 75005 43316930
3615 VACA : liste de l'ensemble des lieux de vie
une nouvelle fédération, l'association Mesuré 9 rue du Soleillet Paris 20 43490090
Les animateurs sont payés 967 francs la semaine, quant aux parents ils doivent payer un forfait journalier de 260 francs, c'est à dire le même prix qu'une colonie de vacance normale.